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Extrait de la lettre du citoyen A. Parmentier

Stavanger le 15 fructidor (1er septembre

1795 Vieux Stile) L’an 3e de la République

française une et indivisible.

Au citoyen Chezaulx consul de la République fse

à Bergen.

 

Citoyen Consul !

  J’ai le plaisir de vous annoncer mon arrivée ici vendredi

dernier, et de vous dire que j’ai reçu vos deux chères lettres

des 14 et 21 Thermidor. Répondant à la pre. qui me

retourne la lettre du Ministre Berenstorff, je vous

remercie de ce que vous me dites d’agréable. Mr. Kielland

m’a dit avoir reçu l’argent dont vous me parlez dans

la dite lettre.

La seconde me porte la réponse de Mr W.Krohn aux

observations que vous avez bien voulu lui faire de ma part,

j’y vois, ainsi que vous me le dites, qu’il est disposé à faire

un arrangement à l’amiable, et je veux y souscrire,

autant qu’il est en mon pouvoir, en suivant mes ins-

-tructions ; mais le compte qu’il joint à sa lettre ainsi

que son stile, me rebutent de parler d’arrangement,

si je ne considérais ce que vous me dites ; je veux le suivre

autant que possible, puisque vous avez la complaisance

de vous en charger, et que par conséquent les intérêts des

citoyens capteurs seront bien dirigés. Je demande 

1° - Les actes de vente ou bien un certificat pour les Navires

le Grove, De Groote Visserye, the Janeth of Lith & la

Nelly & Christie, que je fois au moins avoir pour

constater le produit de la vente et rendre mes comptes.

2°- un compte de lui, par lequel je puisse du moins faire voir

qu’il a été le commissionnaire de ces Prises, car je n’ai

que des chiffons. Meulenaer et Deville lui ont aussi

donné des reçus, je dois les avoir ou la décharge : voilà

ce que j’ai à demander de lui, et que je dois indispensable-

-ment avoir. Ensuite vient nôtre différend : 

1°- Sur les Navires il a fait supporter par les acheteurs

5 pr Cent, c’est une injustice ouverte. Il m’a toujours

dit que les frais de vente sur les navires étaient

de 3 prCt, ce qui avec sa commission de 2 prCt faisaient

5 prCt, sur sa parole à cet égard nous y avons

consenti, en sorte qu’il n’a pas dit la vérité pour

s’approprier ce qui ne lui revient pas. Vous devez

bien vous imaginer que s’il eut dit au Citoyen Schmit

et à moi qu’il voulait 4 prCt, que nous n’y eussions

pas acquiescés. Je veux bien lui accorder 2 prCt de

commission, lui bonifier ce qu’il a payé au

franc vendeur, ansi que ¼ prCt pour faire un

compte rond, pour la bagatelle qui a été dépensée

à la vente, et c’est à quoi sûrement les dépenses

ne peuvent pas aller. Quant à l’article pour

les Navires c’est ma dernière parole, qu’il voye

ce qu’il a à faire, et je ne puis rien y ajouter ni en rabattre

 vous savez vous même Citoyen consul, qu’elle

commission vous payez pour les Prises de la

Nation, je les connais, le Citoyen Ministre

Grouvelle me les a communiqués, et je ne puis

rien la dessus, pour votre gouverne. 

2°- Je ne parlerai pas de la provision du Groote Visserey,

je le passe. Le chargement d’avoine et de sucrion

a supporté 4 prCt que les acheteurs ont payé, et le

chargement de tabac a supporté de même 3 prCt

parce qu’il a dit que les frais de vente sur le

premier était de 4prCt comme se faisant en

ville, et 3 prCt pour le dernier se faisant à Sandvik.

Maintenant pour venir à ces prcent comptés

il forme des comptes qui ne sont pas acceptables,

car malgré la surcharge des articles il n’y

vient pas encore. Comme sur cet objet je ne puis

pas déterminer le montant qu’il a à restituer, je le

laisse à votre expérience, et je vous prie d’en convenir

avec lui. - Vous trouverez ci-joint, Citoyen Consul,

un petit compte de la Restitution qu’il a à me

faire sur la vente des navires, à quoi vous voudrez

bien joindre ce que vous jugerez qu’il a à me restituer

sur les chargements des tabacs et avoine, et s’il

veut terminer à l’amiable lui remettre ce compte

acquité et prendre sa traite à mon ordre sur

Copenhague, que je vous prie de me remettre ;

Je soignerai l’encaissement à mon retour à Copenhague.

En un mot, Citoyen Consul, pour ne pas vous retenir

d’avantage, je me bornerai à vous dire que dessus

est vraiment tout ce que je puis vous proposer pour l’éviter

à passer par la Commission, et que s’il ne l’accepte

pas, je serai obligé de le faire comparaître soit en

Personne ou autrement, ce qui me sera indifférent. 

Mr Krohn ne doit pas croire que nous ayons peur de

lui ; s’il n’accepte pas les conditions honnêtes et justes

que je propose, alors nécessairement, nous devrons

passer par la Commission, et en supposant contre toute

attente, que le Jugement soit en sa faveur, nous avons

les Loix et les Coutumes pour nous, et nous pourrons

enfin voir qu’elle sera l’issue de l’affaire, portée au tribunal

Suprême. Afin de connaître au plutôt, de manière

ou d’autre, positivement la manière de penser dudit

Sr. Krohn, je vous fais passer celle-ci par Expres ;

et j’ai ordonné au porteur Ole Andreas d’attendre

vôtre commodité pour me rapporter votre réponse,

et j’espère que son départ ne sera pas retardé par

vous. 

Signé, A. Parmentier

Je certifie le présent extrait conforme

à la Lettre originale 

Chezaulx